Publication de la tribune dans le Quotidien du pharmacien et la Quotidien du médecin

Le Quotidien du pharmacien et le Quotidien du médecin, dans leur édition du 2 juillet 2021, ont relayé la tribune rédigée à l’initiative du think tank Biosimilaires.

Cette tribune a été signée par 24 organisations, dont :

  • 16 associations de patients
  • 7 laboratoires fabriquant et/ou commercialisant des médicaments biosimilaires
  • 1 représentant d’un syndicat de pharmaciens d’officine.

Retrouvez la liste complète des propositions et des signataires dans l’article du Quotidien du pharmacien ci-dessous.

Un collectif de 24 signataires formule 4 propositions afin d’accroître l’usage des médicaments biosimilaires au bénéfice du système de santé

Début avril 2021, le ministère des Solidarités et de la Santé a formé un groupe de travail réunissant des représentants de l’ensemble des parties prenantes (associations de patients, médecins, pharmaciens, industriels, assurance maladie, ANSM). L’objectif est de proposer des évolutions de la réglementation permettant d’accroître l’usage des médicaments biosimilaires et les économies qu’ils génèrent. « Les économies ne doivent toutefois pas répondre uniquement à une logique opportuniste mais s’envisager sur le long terme », affirment les membres du think tank Biosimilaires, à l’origine de la tribune formulant des propositions pour soutenir un développement pérenne des médicaments biosimilaires dans l’intérêt des tout premiers concernés, les patients.

Le modèle des médicaments biosimilaires doit respecter l’intérêt des patients, dans le cadre d’un parcours de soins et d’objectifs de santé publique définis

La réglementation et le modèle des biosimilaires doivent reposer sur la décision médicale partagée entre le professionnel de santé et le patient et sur l’interchangeabilité (la prescription d’un biosimilaire à la place d’un médicament biologique relevant de la responsabilité du médecin). Ce modèle ne sera pérenne que s’il garantit l’implication des patients et des professionnels de santé, car cette implication est l’une des conditions de la confiance nécessaire à l’amélioration de l’observance et du bon usage. C’est aussi pourquoi cette évolution ne pourra être mise en œuvre que si les patients et les professionnels de santé sont informés, sensibilisés et formés aux médicaments biosimilaires. Les pharmaciens sont des acteurs clés du parcours de soins dans la dispensation d’un biosimilaire à un patient, assurant son suivi et la bonne observance.

Ne pas reproduire les erreurs des médicaments génériques

La crise sanitaire doit pousser à tirer les enseignements du rapport que les patients ont à leurs médicaments et leur confiance envers leurs professionnels de santé et leur traitement est essentielle. Dès lors que cette confiance est rompue, toute tentative pour favoriser le développement des biosimilaires sera vaine. Une démarche constructive est la seule à même d’accompagner le développement des médicaments biosimilaires sur le long terme. Il est important de ne pas reproduire les erreurs des médicaments génériques : un passage rapide à la substitution qui n’a pas permis de garantir cette confiance chez les patients et les médecins prescripteurs.

Les 4 propositions avancées dans la tribune pour garantir la confiance de toutes les parties prenantes

  • La décision médicale partagée entre le médecin et le patient est, et doit rester, le cadre principal permettant le passage d’un médicament biologique de référence à un médicament biosimilaire : nous en faisons un principe cardinal.
  • Si les molécules relevant de la prescription initiale hospitalière doivent rester dans le champ de l’interchangeabilité, nous sommes néanmoins favorables à l’évaluation de la substitution pour certains biosimilaires définis par l’ANSM, après consultation des sociétés savantes et des associations de malades concernées.
  • L’interprofessionnalité est indispensable à la qualité de l’accompagnement des malades utilisant des médicaments biologiques. Chaque professionnel de santé a un rôle important à jouer dans la prescription, la dispensation et l’éducation thérapeutique et doit trouver une juste valorisation.
  • Les expérimentations d’incitations financières du type « article 51 » visant à renforcer la prescription des médicaments biosimilaires à l’hôpital ont fait leur preuve et doivent être étendues, simplifiées et pérennisées.

De récentes propositions de la CNAM qui vont dans le bon sens

La Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) propose dans son rapport annuel sur les charges et les produits pour 2022, qui sera rendu public début juillet, d’autoriser la substitution des médicaments biosimilaires en pharmacie d’officine, en initiation de traitement, hors traitements chroniques, sur décision de l’ANSM. Pour le think tank Biosimilaires, « La proposition de la CNAM d’autoriser la substitution des gonadotrophines et des héparines est pertinente, dans la mesure où les objections et les réticences formulées dans notre tribune sur la substitution de l’ensemble des classes de médicaments biosimilaires sont prises en compte ».

Les 24 signataires de la tribune

Accord Healthcare, Action contre les spondylarthropathies (ACS France), AFA Crohn RCH France, Amgen, Association française du lupus et autres maladies auto-immunes (AFL+), Association France spondyloarthrites, Association Inflam’Œil, Association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde (ANDAR), Biogen, Cancer Contribution, Celltrion Healthcare France, Europa Donna, Fédération française des diabétiques (FFD), France lymphome espoir, France psoriasis, Fresenius Kabi, Kourir, Ligue française contre la sclérose en plaques (LFSEP), Lupus France, Mundipharma, Renaloo, Sandoz, Spondyl(O)action, Eric Myon, secrétaire général de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF).

9 propositions pour garantir la confiance de toutes les parties prenantes

En modifiant la réglementation des médicaments biologiques dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, les parlementaires et le ministère des Solidarités et de la Santé ont souhaité repartir d’une page blanche sur l’interchangeabilité des médicaments biologiques. Cette démarche doit mener l’ensemble des acteurs concernés à définir un modèle biosimilaire qui garantisse la confiance des parties prenantes, la sécurité et la qualité des soins, l’observance et le bon usage, tout en assurant la pérennité du modèle économique. Une démarche globale et constructive est la seule à même d’accompagner le développement de cette classe de médicaments sur le long terme.

Contribuer à la construction d’un nouveau modèle biosimilaire basé sur la confiance
S’inscrivant dans cette démarche globale et constructive, le think tank Biosimilaires a fait des propositions permettant de redonner du sens aux biosimilaires et de répondre au besoin de confiance des patients, des médecins et des pharmaciens. Créer les conditions de cette confiance doit être la base du nouveau modèle des biosimilaires : de la confiance naîtra sa fiabilité pour l’ensemble des acteurs de santé.

Pour ces raisons, le think tank Biosimilaires formule 9 propositions détaillées dans la tribune ci-dessous :

  • Garantir la décision médicale partagée impliquant les médicaments biologiques et biosimilaires
  • Répondre au besoin d’éducation thérapeutique des patients, en particulier pour les biosimilaires dispensés en ville
  • Permettre aux médecins spécialistes libéraux d’interchanger les médicaments biologiques à tout moment, avec l’accompagnement approprié du patient
  • Élargir les incitations à la prescription de biosimilaires existantes à l’hôpital à d’autres biosimilaires
  • Créer une incitation à la prescription de biosimilaires en ville
  • Mettre en place des protocoles de dispensation pour les médicaments biologiques interchangés
  • Améliorer la traçabilité des biosimilaires
  • Étudier la possibilité de substitution à l’officine de certains biosimilaires prescrits par des médecins généralistes
  • Analyser les données d’utilisation des biosimilaires

Substitution des médicaments biologiques par des biosimilaires en officine : un retour en arrière inquiétant pour les malades !

Un collectif de 14 associations de patients se positionne fermement sur les médicaments biosimilaires :

  • Contre la substitution des biomédicaments à molécules complexes en officine
  • Pour le maintien d’une proposition de biosimilaire par le médecin dans le cadre d’une décision partagée
  • Pour le respect des lois de santé publique relatives aux droits des patients
  • Pour des mesures favorables aux économies de santé, respectueuses des malades
  • Pour une concertation de toutes les parties prenantes

Colloque « Les malades ont la parole »

Le colloque « Les malades ont la parole – Les biosimilaires : outils de renforcement du dialogue entre les acteurs de santé ? » organisé par le think tank Biosimilaires, s’est tenu le 2 octobre 2018.

Trois tables rondes ont été organisées autour d’intervenants de l’ensemble des catégories d’acteurs de santé concernés par les médicaments biosimilaires (patients, médecins, pharmaciens, laboratoires pharmaceutiques) :

  • La décision médicale partagée dans le contexte des biosimilaires
  • Comment associer les malades à la décision médicale partagée ?
  • Les malades interpellent les acteurs de santé : comment la décision médicale partagée permet-elle de renforcer le dialogue entre les acteurs de santé ?

A l’issue des trois tables rondes, un travail collectif a permis l’élaboration de 10 propositions pour un dialogue renouvelé sur les biosimilaires et la décision médicale partagée.