L’Association France Spondyloarthrites (AFS), l’Association française du lupus et autres maladies auto-immunes (AFL+), la Fédération française des diabétiques (FFD), France Psoriasis et le laboratoire Biogen rejoignent le think tank Biosimilaires

Paris, le 30 septembre 2021

Dans un contexte marqué par la future évolution du modèle des médicaments biosimilaires, les associations de patients Association France Spondyloarthrites (AFS), Fédération française des diabétiques (FFD), Association française du lupus et autres maladies auto-immunes (AFL+), France Psoriasis et le laboratoire Biogen France ont décidé de rejoindre le think tank Biosimilaires.

Engagés en faveur des médicaments biosimilaires et pour un modèle des biosimilaires qui respecte l’intérêt des patients, les cinq nouveaux membres du think tank déclarent : 

« Notre décision de rejoindre le think tank Biosimilaires repose sur une adhésion à ses valeurs d’échange et de concertation et à son positionnement en faveur d’un modèle des biosimilaires qui s’appuie sur la décision médicale partagée et l’interchangeabilité des médicaments biologiques et biosimilaires. »

À cette occasion, le think tank Biosimilaires souhaite rappeler ses propositions

Plus que jamais, à l’aube de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2022, qui prévoit une réforme de la réglementation des médicaments biosimilaires, il convient de rappeler les principes portés par le think tank Biosimilaires :

  • la décision médicale partagée entre le médecin et le patient est, et doit rester, le cadre principal permettant le passage d’un médicament biologique de référence à un médicament biosimilaire : nous en faisons un principe cardinal
  • si les molécules relevant de la prescription initiale hospitalière doivent rester dans le champ de l’interchangeabilité, nous sommes néanmoins favorables à l’évaluation de la substitution pour certains biosimilaires définis par l’ANSM, après consultation des sociétés savantes et des associations de malades concernées
  • l’interprofessionnalité est indispensable à la qualité de l’accompagnement des malades utilisant des médicaments biologiques. Chaque professionnel de santé a un rôle important à jouer dans la prescription, la dispensation et l’éducation thérapeutique et doit trouver une juste valorisation
  • les expérimentations d’incitations financières du type « article 51 » visant à renforcer la prescription des médicaments biosimilaires à l’hôpital ont fait leur preuve et doivent être étendues, simplifiées et pérennisées.

Le think tank Biosimilaires organise le colloque « Biosimilaires : restons unis dans l’effort collectif ! »

Pour détailler les principes rappelés ci-dessus, et dans la suite de la tribune publiée en juin, le think tank Biosimilaires organise un colloque en ligne mercredi 6 octobre 2021, de 8h30 à 11h45 :

  • seront présentés les résultats d’une enquête sur la perception des médicaments biologiques et biosimilaires par les patients
  • suivront une table ronde sur le renforcement de l’accompagnement des malades par leurs professionnels de santé
  • puis une table ronde sur les enjeux économiques, d’approvisionnement et de bioproduction des médicaments biosimilaires.

L’inscription se fait en ligne en suivant ce lien : https://www.nile-consulting.eu/inscription-au-colloque-biosimilaires-restons-unis-dans-leffort-collectif/

À propos du think tank Biosimilaires

Groupe de réflexion pluridisciplinaire créé en 2018, le think tank Biosimilaires rassemble des représentants de l’ensemble des catégories d’acteurs de santé en lien avec les médicaments biosimilaires. Il a pour vocation d’aborder les enjeux sociétaux, scientifiques et médicaux liés aux médicaments biosimilaires et notamment ceux liés à la prise en charge des malades et à leurs parcours de santé. Il est composé d’Accord Healthcare, l’AFA Crohn RCH France, Amgen, l’Association France Spondyloarthrites (AFS), l’Association française du lupus et autres maladies auto-immunes (AFL+), l’Association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde (ANDAR), Biogen, la Fédération française des diabétiques (FFD), France psoriasis, la Ligue française contre la sclérose en plaques (LFSEP) et Sandoz. nile, agence conseil en affaires publiques dédiée aux acteurs de santé, en assure le secrétariat général.

Contact : Olivier Mariotte – 06 07 94 61 73 – olivier.mariotte@nile-consulting.eu

Publication de la tribune dans le Quotidien du pharmacien et la Quotidien du médecin

Le Quotidien du pharmacien et le Quotidien du médecin, dans leur édition du 2 juillet 2021, ont relayé la tribune rédigée à l’initiative du think tank Biosimilaires.

Cette tribune a été signée par 24 organisations, dont :

  • 16 associations de patients
  • 7 laboratoires fabriquant et/ou commercialisant des médicaments biosimilaires
  • 1 représentant d’un syndicat de pharmaciens d’officine.

Retrouvez la liste complète des propositions et des signataires dans l’article du Quotidien du pharmacien ci-dessous.

Un collectif de 24 signataires formule 4 propositions afin d’accroître l’usage des médicaments biosimilaires au bénéfice du système de santé

Début avril 2021, le ministère des Solidarités et de la Santé a formé un groupe de travail réunissant des représentants de l’ensemble des parties prenantes (associations de patients, médecins, pharmaciens, industriels, assurance maladie, ANSM). L’objectif est de proposer des évolutions de la réglementation permettant d’accroître l’usage des médicaments biosimilaires et les économies qu’ils génèrent. « Les économies ne doivent toutefois pas répondre uniquement à une logique opportuniste mais s’envisager sur le long terme », affirment les membres du think tank Biosimilaires, à l’origine de la tribune formulant des propositions pour soutenir un développement pérenne des médicaments biosimilaires dans l’intérêt des tout premiers concernés, les patients.

Le modèle des médicaments biosimilaires doit respecter l’intérêt des patients, dans le cadre d’un parcours de soins et d’objectifs de santé publique définis

La réglementation et le modèle des biosimilaires doivent reposer sur la décision médicale partagée entre le professionnel de santé et le patient et sur l’interchangeabilité (la prescription d’un biosimilaire à la place d’un médicament biologique relevant de la responsabilité du médecin). Ce modèle ne sera pérenne que s’il garantit l’implication des patients et des professionnels de santé, car cette implication est l’une des conditions de la confiance nécessaire à l’amélioration de l’observance et du bon usage. C’est aussi pourquoi cette évolution ne pourra être mise en œuvre que si les patients et les professionnels de santé sont informés, sensibilisés et formés aux médicaments biosimilaires. Les pharmaciens sont des acteurs clés du parcours de soins dans la dispensation d’un biosimilaire à un patient, assurant son suivi et la bonne observance.

Ne pas reproduire les erreurs des médicaments génériques

La crise sanitaire doit pousser à tirer les enseignements du rapport que les patients ont à leurs médicaments et leur confiance envers leurs professionnels de santé et leur traitement est essentielle. Dès lors que cette confiance est rompue, toute tentative pour favoriser le développement des biosimilaires sera vaine. Une démarche constructive est la seule à même d’accompagner le développement des médicaments biosimilaires sur le long terme. Il est important de ne pas reproduire les erreurs des médicaments génériques : un passage rapide à la substitution qui n’a pas permis de garantir cette confiance chez les patients et les médecins prescripteurs.

Les 4 propositions avancées dans la tribune pour garantir la confiance de toutes les parties prenantes

  • La décision médicale partagée entre le médecin et le patient est, et doit rester, le cadre principal permettant le passage d’un médicament biologique de référence à un médicament biosimilaire : nous en faisons un principe cardinal.
  • Si les molécules relevant de la prescription initiale hospitalière doivent rester dans le champ de l’interchangeabilité, nous sommes néanmoins favorables à l’évaluation de la substitution pour certains biosimilaires définis par l’ANSM, après consultation des sociétés savantes et des associations de malades concernées.
  • L’interprofessionnalité est indispensable à la qualité de l’accompagnement des malades utilisant des médicaments biologiques. Chaque professionnel de santé a un rôle important à jouer dans la prescription, la dispensation et l’éducation thérapeutique et doit trouver une juste valorisation.
  • Les expérimentations d’incitations financières du type « article 51 » visant à renforcer la prescription des médicaments biosimilaires à l’hôpital ont fait leur preuve et doivent être étendues, simplifiées et pérennisées.

De récentes propositions de la CNAM qui vont dans le bon sens

La Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) propose dans son rapport annuel sur les charges et les produits pour 2022, qui sera rendu public début juillet, d’autoriser la substitution des médicaments biosimilaires en pharmacie d’officine, en initiation de traitement, hors traitements chroniques, sur décision de l’ANSM. Pour le think tank Biosimilaires, « La proposition de la CNAM d’autoriser la substitution des gonadotrophines et des héparines est pertinente, dans la mesure où les objections et les réticences formulées dans notre tribune sur la substitution de l’ensemble des classes de médicaments biosimilaires sont prises en compte ».

Les 24 signataires de la tribune

Accord Healthcare, Action contre les spondylarthropathies (ACS France), AFA Crohn RCH France, Amgen, Association française du lupus et autres maladies auto-immunes (AFL+), Association France spondyloarthrites, Association Inflam’Œil, Association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde (ANDAR), Biogen, Cancer Contribution, Celltrion Healthcare France, Europa Donna, Fédération française des diabétiques (FFD), France lymphome espoir, France psoriasis, Fresenius Kabi, Kourir, Ligue française contre la sclérose en plaques (LFSEP), Lupus France, Mundipharma, Renaloo, Sandoz, Spondyl(O)action, Eric Myon, secrétaire général de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF).

Tribune Biosimilaires : restons unis dans l’effort collectif

De nombreux malades atteints de cancers, de maladies chroniques, se soignent avec des médicaments dits « biologiques », issus d’organismes vivants et produits grâce à des procédés biotechnologiques. Lorsque le brevet des médicaments biologiques tombe dans le domaine public, les industriels sont autorisés à produire des médicaments dits « biosimilaires », à ne pas confondre avec les médicaments génériques, car leur nature biologique ne les rend pas copiables à l’identique.

Les parlementaires et le gouvernement ont fait le choix de la confiance en privilégiant l’interchangeabilité des médicaments biologiques

Dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, les parlementaires et le ministère des Solidarités et de la Santé ont modifié la réglementation des médicaments biosimilaires en choisissant de confier au médecin, dans un dialogue avec le patient, la décision du passage d’un médicament biologique dit « de référence » à un médicament biosimilaire (ce changement étant alors appelé « interchangeabilité »), plutôt qu’au pharmacien (ce changement étant alors appelé « substitution »). L’interchangeabilité est pour nous également une garantie de la sécurité, du bon usage, de la traçabilité, du suivi clinique et de la confiance entre le patient et ses professionnels de santé.

De nouvelles évolutions du modèle des biosimilaires sont à l’étude

Début avril 2021, le ministère des Solidarités et de la Santé a formé un groupe de travail réunissant des représentants de l’ensemble des parties prenantes (patients, médecins, pharmaciens, industriels, assurance maladie et Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé – ANSM). L’objectif est de proposer des évolutions de la réglementation permettant d’accroître l’usage des médicaments biosimilaires, et, partant, les économies qu’ils génèrent. Les médicaments biosimilaires, approuvés selon les mêmes normes de qualité, de sécurité et d’efficacité pharmaceutiques que celles qui s’appliquent à tous les médicaments biologiques via un développement clinique robuste et des procédés de fabrication de pointe, sont un levier d’accès aux soins pour les malades grâce à leur capacité à générer des économies. Leur prix étant plus faible, ils sont un moyen de concourir à la maîtrise des dépenses de santé. Les économies ne doivent toutefois pas répondre uniquement à une logique opportuniste mais s’envisager sur le long terme.

Le modèle des médicaments biosimilaires doit respecter l’intérêt des patients dans le cadre d’un parcours de soins et d’objectifs de santé publique définis

La réglementation et le modèle des biosimilaires doivent reposer sur la décision médicale partagée et l’interchangeabilité. Ce modèle ne sera pérenne que s’il garantit l’implication des patients et des professionnels de santé, car cette implication est l’une des conditions de la confiance nécessaire à l’amélioration de l’observance et du bon usage. C’est aussi pourquoi cette évolution ne pourra être mise en œuvre que si les patients et les professionnels de santé sont informés, sensibilisés et formés aux médicaments biosimilaires. Les pharmaciens sont des acteurs clés du parcours de soins dans la dispensation d’un biosimilaire à un patient, dans le cadre de son suivi et dans l’observance.

Des différences importantes dans l’utilisation des médicaments biosimilaires

Des disparités existent quant à l’utilisation des médicaments biosimilaires au niveau européen. Ces différences sont parfois liées à la réglementation nationale (catégories de médecins autorisés à les prescrire, usage strictement hospitalier ou en pharmacie d’officine), parfois liées à d’autres facteurs, notamment économiques (incitations à l’achat pour les hôpitaux ou à la prescription par les médecins), dans l’éducation (apprentissage du dispositif d’auto-injection par les patients ou information délivrée par les professionnels de santé) ou encore culturelles. La France est régulièrement présentée comme un mauvais élève. Elle fait pourtant partie des leaders européens et les taux de pénétration à l’hôpital en France parlent d’eux-mêmes, allant de 64 à 86 % selon les molécules. En ville, la marge de progression est plus importante, pour les biosimilaires disponibles en pharmacie d’officine et que les médecins généralistes sont autorisés à prescrire.

Quatre propositions d’évolution de la réglementation pour garantir la confiance de toutes les parties prenantes

Notre collectif de signataires, dans une logique constructive, a formulé 4 propositions pour soutenir un développement des médicaments biosimilaires dans l’intérêt des tout premiers concernés, les patients :

– la décision médicale partagée est, et doit rester, le cadre principal permettant le passage d’un médicament biologique de référence à un médicament biosimilaire : nous en faisons un principe cardinal

– si les molécules relevant de la prescription initiale hospitalière doivent rester dans le champ de l’interchangeabilité, nous sommes néanmoins favorables à l’évaluation de la substitution pour certains biosimilaires définis par l’ANSM, après consultation des sociétés savantes et des associations de malades concernées

– l’interprofessionnalité est indispensable à la qualité de l’accompagnement des malades utilisant des médicaments biologiques. Chaque professionnel de santé a un rôle important à jouer dans la prescription, la dispensation et l’éducation thérapeutique et doit trouver une juste valorisation

– les expérimentations de type « article 51 » visant à renforcer la prescription des médicaments biosimilaires à l’hôpital ont fait leur preuve et doivent être étendues, simplifiées et pérennisées.

L’actualité doit nous pousser à tirer les enseignements du rapport que les citoyens ont à leurs médicaments, et leur confiance affichée envers leurs professionnels de santé n’y changera rien. Dès lors que la confiance est rompue entre le malade, ses professionnels de santé et son traitement, toute tentative de légiférer sera vaine. Une démarche constructive est la seule à même d’accompagner le développement des médicaments biosimilaires sur le long terme.

Restons unis dans l’effort collectif.

Accord Healthcare ▪ Action contre les spondylarthropathies (ACS France) ▪ AFA Crohn RCH France ▪ Amgen ▪ Association française du lupus et autres maladies auto-immunes (AFL+) ▪ Association France spondyloarthrites ▪ Association Inflam’Œil ▪ Association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde (ANDAR) ▪ Biogen ▪ Cancer Contribution ▪ Celltrion Healthcare France ▪ Europa Donna ▪ Fédération française des diabétiques (FFD) ▪ France lymphome espoir ▪ France psoriasis ▪ Fresenius Kabi ▪ Kourir ▪ Ligue française contre la sclérose en plaques (LFSEP) ▪ Lupus France ▪ Mundipharma ▪ Renaloo ▪ Sandoz ▪ Spondyl(O)action ▪ Eric Myon, secrétaire général de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF)

9 propositions pour garantir la confiance de toutes les parties prenantes

En modifiant la réglementation des médicaments biologiques dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, les parlementaires et le ministère des Solidarités et de la Santé ont souhaité repartir d’une page blanche sur l’interchangeabilité des médicaments biologiques. Cette démarche doit mener l’ensemble des acteurs concernés à définir un modèle biosimilaire qui garantisse la confiance des parties prenantes, la sécurité et la qualité des soins, l’observance et le bon usage, tout en assurant la pérennité du modèle économique. Une démarche globale et constructive est la seule à même d’accompagner le développement de cette classe de médicaments sur le long terme.

Contribuer à la construction d’un nouveau modèle biosimilaire basé sur la confiance
S’inscrivant dans cette démarche globale et constructive, le think tank Biosimilaires a fait des propositions permettant de redonner du sens aux biosimilaires et de répondre au besoin de confiance des patients, des médecins et des pharmaciens. Créer les conditions de cette confiance doit être la base du nouveau modèle des biosimilaires : de la confiance naîtra sa fiabilité pour l’ensemble des acteurs de santé.

Pour ces raisons, le think tank Biosimilaires formule 9 propositions détaillées dans la tribune ci-dessous :

  • Garantir la décision médicale partagée impliquant les médicaments biologiques et biosimilaires
  • Répondre au besoin d’éducation thérapeutique des patients, en particulier pour les biosimilaires dispensés en ville
  • Permettre aux médecins spécialistes libéraux d’interchanger les médicaments biologiques à tout moment, avec l’accompagnement approprié du patient
  • Élargir les incitations à la prescription de biosimilaires existantes à l’hôpital à d’autres biosimilaires
  • Créer une incitation à la prescription de biosimilaires en ville
  • Mettre en place des protocoles de dispensation pour les médicaments biologiques interchangés
  • Améliorer la traçabilité des biosimilaires
  • Étudier la possibilité de substitution à l’officine de certains biosimilaires prescrits par des médecins généralistes
  • Analyser les données d’utilisation des biosimilaires

Substitution des médicaments biologiques par des biosimilaires en officine : un retour en arrière inquiétant pour les malades !

Un collectif de 14 associations de patients se positionne fermement sur les médicaments biosimilaires :

  • Contre la substitution des biomédicaments à molécules complexes en officine
  • Pour le maintien d’une proposition de biosimilaire par le médecin dans le cadre d’une décision partagée
  • Pour le respect des lois de santé publique relatives aux droits des patients
  • Pour des mesures favorables aux économies de santé, respectueuses des malades
  • Pour une concertation de toutes les parties prenantes

Substitution des médicaments biologiques par des biosimilaires en officine : les malades inquiets pour leur sécurité et leur bien-être !

Paris, le 7 octobre 2019

De nombreux malades atteints de cancers ou de maladies chroniques invalidantes prennent des médicaments dits « biologiques ». Ces traitements de nouvelle génération, issus d’organismes vivants produits grâce à des procédés biotechnologiques, sont une réelle opportunité pour combattre des maladies graves, difficiles à contrôler, qui ont un impact majeur sur l’espérance de vie et la qualité de vie de centaines de milliers de personnes…

Quand le brevet de ces biomédicaments tombe dans le domaine public, les industriels sont autorisés à produire des médicaments dits « similaires » à ne pas confondre avec des génériques car leur nature biologique ne les rend pas copiables à l’identique. Pour pouvoir être commercialisés, les biosimilaires doivent démontrer un profil de qualité, de sécurité et d’efficacité similaire au médicament d’origine, dit « de référence ». De fait, ces médicaments n’apportent aucune amélioration par rapport au médicament original mais permettent une mise en concurrence avec un effet non négligeable sur les prix. L’arrivée sur le marché des biosimilaires a reçu un écho favorable dans les associations de patients qui sont sensibles à l’argument économique et à la maîtrise des dépenses de santé et qui, par principe, ne sont donc pas opposées à leur utilisation. Néanmoins un collectif de 5 associations de patients soutenues dans leur action par 10 autres associations1 s’oppose aujourd’hui à la substitution en officine des médicaments biologiques estimant que la substitution en officine ne pourra se faire qu’au dépend de la sécurité et du bien-être des malades.

Nous estimons que l’initiation d’un traitement avec le choix d’un médicament biologique de référence ou du biosimilaire doit intervenir dans le cadre d’une décision partagée avec le médecin prescripteur. Cette décision conjointe peut aussi avoir lieu en cours de traitement dans ce qu’on peut nommer comme « interchangeabilité » .


La substitution permet au pharmacien d’officine de dispenser au patient un traitement générique équivalent au traitement prescrit par le médecin. Les syndicats de pharmaciens officinaux et les industriels commercialisant les biosimilaires défendent à tout prix la possibilité de possibilité de pouvoir substituer aussi les médicaments biologiques en officine. Il apparaît utile et important de rétablir certaines vérités face à un discours qui affiche la volonté de s’inscrire dans une démarche de services aux patients alors que les associations de patients sont largement et publiquement opposés à une substitution non contrôlée.

La communication ambiante autour de la possibilité de pouvoir substituer un médicament biologique par biosimilaire propose une vue partielle et partiale de la situation, présentant la substitution comme solution miracle au développement des biosimilaires et donc à l’équilibre des comptes sociaux alors que le seul avantage économique nouveau serait en fait au bénéfice des pharmaciens d’officine.

Dans les maladies chroniques, le médicament devient notre compagnon du quotidien qui réclame une véritable démarche d’appropriation et d’acceptation. Ce processus peut être long et conditionne l’adhésion au médicament, c’est un enjeu essentiel de la prise en charge

Le ministère de la santé a lancé une politique incitative à la prescription des biosimilaires à l’hôpital au travers notamment d’expérimentations. Les premiers résultats sont parus et sont très encourageants : la prescription de médicaments biosimilaires est à la hausse dans la quasi-totalité des CHU de l’expérimentation. Globalement, les biosimilaires sont très bien acceptés en initiation de traitement et cela bénéficie également à l’acceptation de l’interchangeabilité. Or, comme la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) le rappelait encore récemment, la prescription hospitalière conditionne l’utilisation des biosimilaires en ville et la récente ouverture du renouvellement de certains biosimilaires complexes jusqu’alors réservé aux praticiens hospitaliers (Prescription Initiale Hospitalière) aux spécialistes libéraux sera une occasion supplémentaire de développer le recours aux biosimilaires.

Les biosimilaires présentent certes des opportunités pour la collectivité, au regard des économies qu’ils permettent à l’assurance maladie, toutefois, leur développement dans de bonnes conditions nécessite prudence et vigilance.

Les biomédicaments sont des médicaments complexes. Nous nous opposons à la substitution des biosimilaires en pharmacie de ville. L’initiation et une possible interchangeabilité doivent uniquement être réservées aux prescripteurs !

La loi prévoit que la substitution en officine serait assortie d’une information au médecin prescripteur. Une précaution indispensable mais totalement irréalisable tant la mise en place promet d’être hasardeuse : joindre le médecin, sécuriser l’information, tracer l’éventuel refus, impacter le délai de délivrance… Le Dossier Médical Partagé est encore loin d’être un vecteur satisfaisant avec 5 millions de dossiers ouverts sur une population de 67 millions d’habitants !

La substitution est par ailleurs avancée comme rempart à une hypothétique pénurie de médicament, ce qui reste un argument très discutable et peu fondé. Si l’on regarde du côté des médicaments chimiques, de nombreux exemples récents montrent que les ruptures concernent aussi bien des princeps que des génériques.

D’autre part, si le principe actif des médicaments est équivalent, les dispositifs médicaux d’administration, eux, sont différents au sein d’un même groupe biosimilaire. Le passage d’un médicament de référence à un biosimilaire ou d’un biosimilaire à un autre biosimilaire nécessite à chaque fois un apprentissage. L’officine n’offre pas systématiquement les conditions nécessaires et indispensables à cet apprentissage, alors même que toutes les pharmacies n’ont pas encore de zone de confidentialité. Par ailleurs, avec un très faible volume de médicaments dispensés dans chaque classe, quelle expérience pourront faire valoir les pharmacies pour accompagner au mieux les malades ?

Une étude conduite par le Comité pour la Valorisation de l’Acte Officinal2 auprès des pharmaciens français rapporte que seulement 3 % des pharmaciens interrogés considéraient leur connaissance des biomédicaments comme très bonne alors qu’un tiers la déclarait même mauvaise.

Dans ces conditions, comment ne pas voir alors la substitution comme un enjeu politique plus encore qu’un atout pour les comptes sociaux et non comme un meilleur accompagnement pour les malades ? Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’aucun pays en Europe n’a fait ce choix.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas de créer de la confusion mais de dépasser un débat mal posé, motivé uniquement par des intérêts économiques ou corporatistes.

Les biosimilaires sont une opportunité à saisir pour réellement redéfinir la relation entre les malades et l’ensemble des professionnels de santé impliqués dans leur accompagnement. Chacun a un rôle à jouer dans la décision médicale partagée, et les pharmaciens, médecins et infirmiers en sont des acteurs clés, garants de la confiance que le malade veut bien leur accorder. Aussi, permettre la substitution en pharmacie de ville est une « fausse bonne idée » et un risque majeur de fragiliser une pénétration dont le développement est satisfaisant, en brouillant inutilement les messages auprès des malades.

1 ACS (Action contre les Spondylarthropathies), AFL+ (Association Française du Lupus et autres maladies autoimmunes), AFS (Association France Spondyloarthrites), Asthme & allergie, Cancer contribution, France Lymphome Espoir, Inflam’œil, KOURIR (Association pour les enfants atteints d’arthrite chronique juvénile), Lupus France, Spondyloaction.

2 La lettre du CVAO, n°11, novembre 2018

Colloque « Les malades ont la parole »

Le colloque « Les malades ont la parole – Les biosimilaires : outils de renforcement du dialogue entre les acteurs de santé ? » organisé par le think tank Biosimilaires, s’est tenu le 2 octobre 2018.

Trois tables rondes ont été organisées autour d’intervenants de l’ensemble des catégories d’acteurs de santé concernés par les médicaments biosimilaires (patients, médecins, pharmaciens, laboratoires pharmaceutiques) :

  • La décision médicale partagée dans le contexte des biosimilaires
  • Comment associer les malades à la décision médicale partagée ?
  • Les malades interpellent les acteurs de santé : comment la décision médicale partagée permet-elle de renforcer le dialogue entre les acteurs de santé ?

A l’issue des trois tables rondes, un travail collectif a permis l’élaboration de 10 propositions pour un dialogue renouvelé sur les biosimilaires et la décision médicale partagée.